Par Virginie KHALDI, le 27 mai 2025 à 18h38.

[AU QJ -ABLIS] — Ce mardi 27 mai 2025 (17 :30), l’air est doux et les sourires sincères. Ludovic Blas, milieu offensif du Stade Rennais, est de retour à Ablis, ville d’adoption de ses parents. Il est accueilli comme un enfant du pays. À 27 ans, le joueur professionnel s’arrête un instant dans son emploi du temps chargé pour répondre avec calme et humilité à quelques questions de Ça se passe chez vous – Regard sur ma ville.  Rencontre avec un footballeur à la tête bien faite.

Dès les premières minutes de l’entretien, Blas revient sur ses débuts, sans fanfare mais avec une lucidité qui en dit long : “C’est quand je suis entré au centre de formation que j’ai compris que ça pouvait devenir un métier. Je progressais, je montais les équipes facilement… là, j’ai commencé à y croire.” Une trajectoire marquée par des sacrifices, notamment le départ de la maison familiale pour rejoindre Guingamp, une étape “difficile”, confie-t-il. “Quitter ses proches, vivre en internat, et faire partie des rares à sortir pro… ce n’est pas simple.”

Aujourd’hui joueur confirmé de Ligue 1, Blas garde les pieds sur terre. Aucun rituel superstitieux avant les matchs, pas de cérémonial particulier. Il avance avec discipline, un héritage du centre de formation. “On apprend très tôt à respecter des règles, des horaires. C’est une forme d’éducation qui reste.”

Mais ce retour à Ablis n’est pas anodin. Il est empreint de tendresse et de reconnaissance. “Je suis content pour mes parents. Ils s’entendent bien avec beaucoup de monde ici. Mon père m’a toujours dit que j’étais apprécié dans le coin, alors ça me fait plaisir.” Il est conscient de l’image qu’il renvoie, surtout auprès des jeunes : “Ils m’aiment bien. Je leur dis qu’il faut travailler, et surtout prendre du plaisir.”

Le natif de Colombes ne ferme d’ailleurs pas la porte à un engagement local plus fort : “Pourquoi pas. C’est difficile d’être partout, mais je ne dis pas non.”

Quand on lui parle du Stade Rennais, ses yeux brillent : “C’est un club prestigieux. J’en suis fier. Je veux le représenter du mieux possible.” Et quand la pression monte ? “C’est de la bonne pression. Je ne suis pas quelqu’un de stressé. Je me dis que c’est du football, et qu’il faut en profiter. Un jour, tout ça s’arrêtera.”

Et l’après-carrière ? Pour l’instant, flou. “Ça fait dix ans que je suis dans le foot, j’espère en faire encore dix. Sortir complètement du milieu ? Ce serait difficile. Peut-être pas comme coach, mais rester dans le football.”

Avant de partir, un dernier message pour la jeunesse d’Ablis : “Travailler, avoir confiance en soi, écouter les coachs. C’est le plus important. Après, chacun son chemin.” Son objectif ? Rester en forme, éviter les blessures, et viser l’Europe avec Rennes. “On veut faire mieux. Les dernières saisons ont été compliquées.”

Un mot de fin ? Sincère, comme toujours : “Merci. À bientôt.”


À Ablis, ce jour-là, Ludovic Blas n’a pas marqué de but. Mais il a marqué les esprits.

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